Plan d’article détaillé – La Spiruline et la Grossesse : Bienfaits, Risques et Conseils Pratiques #
Qu’est-ce que la Spiruline ? Composition, nutriments clés et intérêt pendant la grossesse #
La spiruline correspond à une cyanobactérie d’eau douce de type Arthrospira platensis, longtemps assimilée à une micro-algue bleu-vert ?. Elle est cultivée en bassins contrôlés dans des pays comme la France, l’Inde, la Chine ou les États-Unis, puis séchée et transformée. Sur le marché français des compléments, évalué à plusieurs milliards d’euros en 2023, elle se trouve principalement sous forme de poudre, comprimés, gélules ou paillettes. Plusieurs entreprises spécialisées, telles que Aroma-Zone, acteur français de la cosmétique et des compléments, proposent même des produits alimentaires enrichis en spiruline, utilisés dans des barres énergétiques, des smoothies ou des jus verts.
Sur le plan nutritionnel, la spiruline affiche une densité exceptionnelle. La matière sèche contient en moyenne entre 55 % et 70 % de protéines complètes, soit un niveau bien supérieur à de nombreuses sources végétales classiques. Une portion de 5 g de spiruline fournit ainsi autour de 3 à 3,5 g de protéines, ce qui reste modeste en quantité mais très concentré au gramme. Pour la femme enceinte, dont les besoins protéiques augmentent d’environ 10 à 20 g/jour à partir du deuxième trimestre selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ce profil peut contribuer à la construction des tissus maternels (utérus, placenta) et fœtaux.
La spiruline est source notable de fer non héminique. Selon plusieurs analyses nutritionnelles, 5 g de spiruline apportent approximativement 3 à 5 mg de fer, soit jusqu’à 20 à 30 % des apports de référence pour une femme adulte. En contexte de grossesse, où les besoins en fer atteignent couramment 27 mg/jour, ce complément peut participer à la prévention de l’anémie ferriprive, pathologie qui concerne jusqu’à 20–40 % des femmes enceintes dans certains pays d’Europe et d’Asie. Le fer reste un élément décisif pour le transport de l’oxygène vers le fœtus et pour limiter la fatigue intense.
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La spiruline renferme, en outre, une large gamme de vitamines du groupe B : B1 (thiamine), B2 (riboflavine), B3 (niacine), B6 (pyridoxine) et B9 (folates). Ces vitamines jouent un rôle dans le métabolisme énergétique, le fonctionnement du système nerveux et la réduction de la sensation de fatigue. Concernant la vitamine B12, nous devons être précis : la spiruline contient des analogues de la B12, souvent qualifiés de pseudo-vitamine B12, dont la bioactivité chez l’être humain reste limitée. Les sociétés savantes de nutrition, comme la British Dietetic Association ou la Fédération française de nutrition, considèrent que la spiruline ne peut pas remplacer une vraie supplémentation en B12, notamment chez les femmes enceintes véganes sous suivi médical.
Autre point notable, la spiruline apporte de la vitamine A sous forme de bêta-carotène, précurseur transformé en rétinol par l’organisme selon ses besoins. Cette distinction est cruciale : les excès de rétinol préformé (présent dans certains compléments à base de foie ou de vitamine A synthétique) sont tératogènes, alors que le bêta-carotène alimentaire n’expose pas à ce même risque lorsqu’il est consommé dans des quantités raisonnables. La spiruline renferme en parallèle des minéraux (calcium, magnésium, zinc), des acides aminés essentiels et des pigments, dont la phycocyanine, dotés d’un potentiel antioxydant étudié dans plusieurs travaux publiés dans des revues de nutrition entre 2015 et 2022.
Sur le plan théorique, ce cocktail nutritif répond à plusieurs besoins spécifiques de la grossesse : soutien du système immunitaire, couverture partielle des besoins en fer, apport complémentaire en folates, contribution à la réduction de la fatigue et maintien de la masse musculaire. Toutefois, la spiruline ne figure pas dans les recommandations officielles de l’OMS, de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ou du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) en tant que complément de référence pour la femme enceinte. Cette absence reflète moins une condamnation qu’un manque d’études cliniques robustes chez l’humain, ce qui prépare le terrain aux débats sur les risques.
- Nature : cyanobactérie d’eau douce riche en protéines, fer et pigments.
- Formats : poudre, comprimés, gélules, paillettes, produits alimentaires enrichis.
- Nutriments clés : protéines complètes, fer non héminique, vitamines B, bêta-carotène, phycocyanine.
- Limite : B12 non considérée comme source fiable en contexte de grossesse.
Bienfaits potentiels de la Spiruline pendant la grossesse : promesses et données scientifiques #
Les arguments en faveur de la spiruline pendant la grossesse reposent sur des études expérimentales, des travaux cliniques de petite taille et sur des programmes de lutte contre la malnutrition menés depuis les années 2000 dans des pays comme l’Inde, le Bangladesh ou le Vietnam. Certaines marques françaises, telles que Natura Force, entreprise de compléments alimentaires naturels, mettent en avant ces travaux pour justifier leurs recommandations auprès des femmes enceintes. Nous pensons qu’il faut y voir des pistes intéressantes, mais garder en tête le niveau de preuve réel.
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Les carences les plus fréquentes pendant la grossesse concernent le fer, les folates, parfois certaines vitamines B et l’apport en protéines, en particulier chez les femmes suivant une alimentation végétale. La spiruline, par sa teneur en fer non héminique, peut contribuer à réduire le risque d’anémie et, par ricochet, la fatigue marquée, les palpitations et la baisse de capacité d’effort. Des travaux de recherche menés au début des années 2010 en Inde, dans le cadre de programmes de nutrition maternelle, ont observé une amélioration de paramètres d’hémoglobine chez des femmes supplémentées en spiruline, associée ou non à du fer médicamenteux. Nous restons toutefois vigilants : ces études restent limitées en effectifs et en méthodologie.
Concernant la vitamine B9, essentielle à la fermeture correcte du tube neural embryonnaire, les autorités sanitaires comme la Haute Autorité de Santé (HAS), France, recommandent une supplémentation en acide folique médicamenteux, débutée idéalement avant la conception. La spiruline apporte des folates alimentaires, mais ne peut en aucun cas remplacer la supplémentation prescrite. Pour les femmes consommant peu de produits animaux, notamment les végans, elle peut toutefois enrichir l’apport global en B9 aux côtés des légumineuses, légumes verts à feuilles et céréales complètes, toujours sous supervision diététique.
Sur le plan énergétique, la fatigue fait partie des symptômes centraux de la grossesse, liée à l’augmentation du volume sanguin, aux variations hormonales (progestérone, hCG) et aux carences possibles. Une portion standard de 3 à 5 g de spiruline fournit peu de calories, mais une densité élevée en protéines et en vitamines B. Si nous comparons, 5 g de spiruline apportent une quantité de protéines similaire à environ 15–20 g de lentilles cuites, avec en plus un apport concentré en fer et en micronutriments. Des marques comme Performe, spécialiste français de la nutrition féminine, rapportent dans leurs retours clients une réduction subjective de la fatigue lors de cures de spiruline encadrées, mêmes si ces témoignages ne remplacent pas les essais cliniques randomisés.
La spiruline est souvent citée pour son potentiel soutien du système immunitaire et son rôle antioxydant. La phycocyanine, pigment bleu caractéristique, fait l’objet d’études montrant des effets anti-inflammatoires et immunomodulateurs chez l’animal, avec diminution de certains marqueurs oxydatifs. Une publication de 2015 conduite sur des souris diabétiques gestantes a mis en évidence un effet protecteur sur la gestation, avec amélioration de paramètres reproductifs et réduction des résorptions fœtales. Nous pouvons y voir un signal intéressant, mais le passage à l’humain, et surtout à la femme enceinte, reste loin d’être acquis.
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Dans plusieurs pays d’Asie, comme l’Inde et le Vietnam, la spiruline est intégrée à des programmes de lutte contre la malnutrition, y compris chez les femmes enceintes et les jeunes enfants. Des ONG locales et des institutions comme le National Institute of Nutrition, Hyderabad, ont participé à des projets de distribution de spiruline fortifiée, montrant des améliorations d’état nutritionnel global. À l’inverse, en Europe de l’Ouest, des instances comme l’ANSES ou des bases de référence comme le Vidal, base de données pharmaceutique française, adoptent une position de prudence, estimant les données insuffisantes pour une recommandation large. Ce contraste illustre bien le fossé entre approches de santé publique en contextes de malnutrition et contexte de grossesse suivie médicalement dans des pays à revenu élevé.
- Potentiels bénéfices : soutien de la ferritinémie, réduction de la fatigue, apport complémentaire en folates et protéines.
- Niveau de preuve : études animales, petits travaux cliniques, programmes de lutte contre la malnutrition.
- Position : nous y voyons un outil d’appoint intéressant, mais non indispensable, à manier au cas par cas.
Comment consommer la Spiruline en sécurité pendant la grossesse ? #
Lorsque la décision de consommer de la spiruline pendant la grossesse est prise en accord avec un professionnel de santé, la forme galénique, le dosage et la qualité du produit deviennent déterminants. Sur le marché, nous retrouvons principalement la spiruline en poudre, comprimés, gélules et paillettes. Les comprimés et gélules, proposés par des marques comme Nutri&Co ou Natura Force, facilitent le dosage précis et masquent le goût souvent jugé iodé ou algal. La poudre et les paillettes se prêtent mieux aux recettes maison (smoothies, houmous, bols petit-déjeuner) mais imposent une auto-gestion du dosage.
Nous conseillons de vérifier attentivement les étiquettes : teneur en spiruline pure, absence d’additifs superflus, certification agriculture biologique lorsque c’est possible, et surtout mention de tests de métaux lourds et de microcystines réalisés par des laboratoires indépendants. Des sites de producteurs français, notamment des fermes de spiruline situées en Occitanie ou en Nouvelle-Aquitaine, publient des analyses régulières sur l’arsenic, le plomb, le mercure ou les toxines de cyanobactéries, ce qui nous paraît indispensable pour un usage en période de grossesse.
La posologie adulte hors grossesse oscille fréquemment entre 3 et 5 g/jour, avec un plafond parfois annoncé à 10 g/jour pour certains sportifs. Pour une femme enceinte, nous estimons que la dose doit être individualisée par un médecin, une sage-femme ou un diététicien-nutritionniste spécialisé en périnatalité. Une approche fréquente consiste à démarrer par 1 g/jour pendant quelques jours, puis augmenter progressivement vers 2 à 3 g/jour si la tolérance digestive est bonne. Ce principe de cure progressive ?, mis en avant par des acteurs comme Natura Force, vise à limiter les nausées, ballonnements et maux de tête parfois rapportés.
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Le moment de prise joue aussi un rôle : la spiruline se tolère souvent mieux le matin ou au déjeuner, intégrée à un repas, plutôt que le soir à jeun. Nous insistons sur un point central : la spiruline ne doit jamais remplacer un traitement prescrit, qu’il s’agisse d’un complément de fer médicamenteux, d’acide folique, de vitamine D ou d’un complexe prénatal complet. Elle peut, au mieux, s’ajouter à une stratégie déjà validée, dans une logique d’appoint.
La question de l’origine et de la traçabilité mérite une vigilance accrue en contexte de grossesse. Des cas de lots de spiruline contaminés en microcystines ou en métaux lourds ont déjà été rapportés à l’international, ce qui a conduit des organismes comme l’ANSES à publier en 2017 un avis sur les risques liés aux compléments à base de spiruline. Nous recommandons de privilégier :
- une spiruline issue de cultures contrôlées (fermes identifiées, souvent en France ou en Europe) ;
- un produit testé par un laboratoire tiers pour métaux lourds, toxines et contamination microbienne ;
- une marque transparente sur son site (lieu de culture, date de récolte, certificats d’analyse).
Pour intégrer la spiruline à l’alimentation quotidienne, plusieurs recettes simples se prêtent bien à la grossesse. Un smoothie vert peut associer 150 ml de boisson végétale (type avoine), une banane, 30 g de flocons d’avoine, 1 cuillère à café de spiruline en poudre (soit environ 2 g) et 1 cuillère à soupe de graines de chia, pour un apport en fibres, protéines et oméga-3 végétaux. Un bol petit-déjeuner protéiné peut combiner 150 g de yaourt ou d’alternative végétale enrichie en calcium, des fruits rouges, 30 g de muesli complet et 1 g de spiruline saupoudrée. Un houmous à la spiruline, préparé avec 200 g de pois chiches cuits, 1 cuillère à soupe de tahini, jus de citron, ail doux, huile d’olive et 2 g de spiruline, offre un apport intéressant en protéines végétales et en fer.
- La spiruline doit rester en petite quantité dans les préparations, surtout au début de la grossesse.
- L’alimentation globale, variée et structurée, prime réellement sur le complément isolé.
- Une discussion préalable avec un professionnel de santé reste, selon nous, non négociable.
Les risques potentiels de la Spiruline pour les femmes enceintes #
Lorsque nous analysons la littérature et les avis institutionnels, un constat ressort : aucune grande instance internationale ne recommande formellement la spiruline pendant la grossesse, faute d’essais contrôlés de grande ampleur. L’ANSES, dans son avis, déconseille la consommation de compléments à base de spiruline pendant la grossesse, plus particulièrement chez les femmes ayant un terrain allergique, des pathologies musculaires ou hépatiques préexistantes. Le Vidal, référence pharmaceutique en France, invite aussi les femmes enceintes ou allaitantes à éviter cette cyanobactérie par principe de précaution. À l’inverse, des marques comme Nutri&Co ou Performe défendent son usage, en rappelant l’absence d’effets tératogènes documentés et en insistant sur la qualité des produits.
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Sur le plan immunologique, la spiruline, riche en protéines complexes et en pigments, peut déclencher des réactions d’hypersensibilité. Des cas d’urticaire, de démangeaisons, de troubles respiratoires ou de réactions digestives sévères ont été décrits chez des adultes non enceints, même si ces manifestations restent globalement rares au vu des volumes consommés à l’échelle mondiale. En période de grossesse, nous conseillons une vigilance accrue sur :
- l’apparition d’éruptions cutanées ou de démangeaisons diffuses ;
- toute difficulté respiratoire, dyspnée ou sensation d’oppression ;
- des troubles digestifs marqués (vomissements répétés, diarrhées importantes) après l’introduction du complément.
En cas de symptômes suspects, l’arrêt immédiat du produit et une consultation médicale rapide s’imposent. Le fait que certaines études suggèrent des propriétés antihistaminiques de la phycocyanine ne protège en rien d’un risque d’allergie individuelle.
Les risques de contamination représentent à nos yeux le point le plus sensible. La spiruline, si elle est cultivée dans des eaux polluées ou mal contrôlées, peut concentrer des métaux lourds (plomb, mercure, arsenic), des microcystines produites par d’autres cyanobactéries toxiques, voire des bactéries pathogènes. Chez la femme enceinte, l’exposition chronique à de faibles doses de métaux lourds est problématique pour le développement neurologique du fœtus. C’est précisément ce risque qui motive une part de la prudence institutionnelle européenne, à l’heure où le marché mondial de la spiruline, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars en 2022, attire des producteurs aux contrôles très inégaux.
Certaines situations cliniques justifient une contre-indication quasi systématique. La spiruline est habituellement déconseillée en cas de maladie auto-immune (polyarthrite rhumatoïde, sclérose en plaques, lupus), du fait de son potentiel effet immunostimulant. Les personnes atteintes de phénylcétonurie, trouble génétique du métabolisme de la phénylalanine, doivent aussi s’en abstenir en raison de la teneur en acides aminés. Des troubles liés à la goutte ou à certains dysfonctionnements rénaux ou hépatiques incitent également certains médecins à éviter cette cyanobactérie. Les interactions possibles avec des traitements comme les anticoagulants, des immunomodulateurs ou des compléments de fer à forte dose justifient un échange approfondi avec le prescripteur.
Enfin, des effets secondaires bénins mais fréquents sont rapportés lors des premières prises : nausées, inconfort digestif, ballonnements, maux de tête, parfois attribués à un effet détox ? exagéré par le marketing. Dans ces cas, une réduction de la dose, un fractionnement des prises et l’association systématique avec un repas suffisent souvent à améliorer la tolérance. Si ces symptômes persistent plus de quelques jours, notre avis est de suspendre totalement la cure pendant la grossesse.
- Absence d’études robustes chez la femme enceinte, ce qui justifie une approche prudente.
- Risque de contamination au centre des inquiétudes de plusieurs agences sanitaires.
- Contre-indications claires : maladies auto-immunes, phénylcétonurie, pathologies hépato-rénales selon l’avis médical.
Quelles alternatives nutritionnelles à la spiruline pour les femmes enceintes ? #
Pour les femmes qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas prendre de spiruline, les alternatives reposent sur une structuration fine de l’alimentation et l’usage de compléments prénataux validés. Concernant le fer, des aliments comme les lentilles, les pois chiches, les haricots rouges, mais aussi la viande rouge maigre, certaines espèces de poissons peu contaminés et les œufs constituent des piliers. Une portion de 200 g de lentilles cuites peut fournir autour de 6 à 7 mg de fer, soit davantage que 5 g de spiruline, à condition d’associer ces plats à une source de vitamine C (poivron, agrumes, kiwi) pour optimiser l’absorption.
Les noix et graines (amandes, noix, graines de courge, de tournesol ou de chia) apportent un complément de fer, de magnésium et de protéines végétales, tout en participant à l’apport en acides gras insaturés. Sur le volet folates et B9, les légumes verts à feuilles comme les épinards, le chou kale ou la roquette, ainsi que le germe de blé ou la levure de bière, jouent un rôle structurant. Certaines femmes se tournent vers la chlorelle, autre micro-algue verte, ou vers des poudres de cacao riche en magnésium, mais les mêmes exigences de qualité et de validation médicale s’appliquent.
Côté compléments, les multivitamines prénatales prescrites par les gynécologues, composées de fer, folates, iode, vitamine D et parfois oméga-3 (DHA), restent la base la mieux encadrée. En France, plusieurs laboratoires pharmaceutiques, comme Biogaran ou Bayer Santé Familiale, commercialisent des complexes prénataux sous contrôle strict. Nous considérons que la priorité doit rester une alimentation variée et suffisante en énergie, complétée si besoin par ces produits validés, plutôt que la recherche d’un aliment miracle ? censé tout résoudre.
Pour organiser les repas et limiter les carences, une approche quotidienne peut consister à :
- combiner une source de fer (lentilles, viande, œufs) avec une source de vitamine C à chaque déjeuner ou dîner ;
- varier les sources de protéines (animales et végétales) au fil de la semaine ;
- intégrer des fruits et légumes colorés à chaque repas pour couvrir les besoins en vitamines et antioxydants.
Une journée type pour une femme enceinte sans spiruline pourrait, par exemple, inclure un petit-déjeuner à base de flocons d’avoine, lait enrichi en calcium, fruits frais et amandes ; un déjeuner avec salade de lentilles, poivrons, huile de colza riche en oméga-3 et yaourt ; un dîner combinant poisson cuit à cœur, légumes verts et féculents complets. Ce type d’organisation offre souvent un meilleur rendement nutritionnel global qu’un recours isolé à la spiruline.
Témoignages et expériences de femmes enceintes #
Les témoignages de femmes enceintes que nous recueillons sur des blogs spécialisés en maternité ou via des consultations de diététique montrent des profils contrastés. Certaines, suivies par des professionnels comme Pauline Benaroch, diététicienne-nutritionniste spécialisée en maternité, rapportent une expérience positive de cures de spiruline encadrées : diminution de la sensation de fatigue au troisième trimestre, amélioration de la ferritinémie sur leurs bilans sanguins, ou facilité à maintenir un niveau d’énergie correct pendant l’allaitement. Ces femmes évoquent presque toujours un produit de haute qualité, un démarrage progressif et un dialogue permanent avec leur sage-femme ou leur gynécologue.
D’autres récits sont plus nuancés, voire négatifs. Nous rencontrons régulièrement des femmes mentionnant des nausées accentuées, un rejet du goût très marqué de la spiruline en poudre, des ballonnements ou une impression de lourdeur digestive. Certaines rapportent l’apparition d’éruptions cutanées ou de démangeaisons, ce qui a conduit leur médecin à interrompre la cure. Dans quelques cas, le caractère déjà complexe du traitement (fer médicamenteux à forte dose, antiémétiques, traitement pour troubles thyroïdiens) a amené le spécialiste à refuser tout ajout de spiruline, par souci de ne pas compliquer davantage le schéma thérapeutique.
Les prises de position d’experts en nutrition et santé maternelle restent partagées. Des sages-femmes libérales en Île-de-France ou en Auvergne-Rhône-Alpes nous expliquent considérer la spiruline comme un soutien possible, notamment pour des patientes véganes ou très fatiguées, à condition de s’appuyer sur une marque analysée et de rester à des doses modérées. À l’inverse, certains gynécologues hospitaliers de grands centres comme les Hôpitaux universitaires de Genève ou l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) préconisent de s’en abstenir, tant que des essais contrôlés de bonne qualité manquent. Nous partageons l’idée qu’un accompagnement individualisé, tenant compte du contexte médical, du régime alimentaire et des résultats biologiques, doit primer sur des recommandations générales.
- Témoignages positifs : énergie améliorée, bilans de fer stabilisés sous supervision médicale.
- Témoignages négatifs : nausées, intolérance, réactions cutanées, arrêt conseillé par le médecin.
- Experts : avis partagés, avec un socle commun : supervision professionnelle systématique.
Conclusion : Spiruline, une alliée conditionnelle de la grossesse #
La spiruline se présente comme un aliment extrêmement concentré en protéines, fer et vitamines, ce qui lui vaut sa réputation de super-aliment ?. Pendant la grossesse, ces atouts peuvent contribuer à limiter certaines carences, à soutenir l’hémoglobine et à réduire la fatigue, surtout chez des femmes à risque de déficit nutritionnel ou ayant une alimentation restreinte. Le potentiel antioxydant de la phycocyanine et la richesse en micronutriments alimentent un intérêt légitime.
Nous restons toutefois convaincus que ses bénéfices dépendent très fortement de la qualité du produit, de la dose utilisée et du profil de santé individuel. Les risques ne se limitent pas aux allergies ou aux effets digestifs bénins : le problème des contaminations, le manque d’essais cliniques robustes chez la femme enceinte et les contre-indications spécifiques (maladies auto-immunes, phénylcétonurie, troubles hépato-rénaux) justifient un principe de prudence. L’absence d’effets indésirables massifs documentés ne signifie pas absence de risque, surtout dans une période aussi sensible.
Notre avis est clair :
- ne commencez pas une cure de spiruline enceinte sans en parler avec un médecin, une sage-femme ou un diététicien-nutritionniste spécialisé ;
- si un feu vert est donné, choisissez une spiruline de haute qualité, analysée, avec une origine géographique et des certificats accessibles ;
- ne remplacez jamais vos suppléments prénataux (fer, folates, iode, vitamine D) par la seule spiruline ;
- observez attentivement votre tolérance et stoppez en cas de symptômes atypiques.
Nous vous invitons à partager vos témoignages et vos expériences de spiruline pendant la grossesse, positives ou non, afin d’enrichir l’échange entre futures mères. Un prolongement naturel serait d’explorer la place de la spiruline pendant l’allaitement ou de proposer un guide comparatif des compléments de nutrition prénatale (fer, oméga-3, probiotiques) validés par les sociétés savantes. En attendant, une alimentation solide, diversifiée et soutenue par un suivi médical reste, de loin, votre meilleur allié pour mener une grossesse sereine et sécurisée.
Les points :
- Plan d’article détaillé – La Spiruline et la Grossesse : Bienfaits, Risques et Conseils Pratiques
- Qu’est-ce que la Spiruline ? Composition, nutriments clés et intérêt pendant la grossesse
- Bienfaits potentiels de la Spiruline pendant la grossesse : promesses et données scientifiques
- Comment consommer la Spiruline en sécurité pendant la grossesse ?
- Les risques potentiels de la Spiruline pour les femmes enceintes
- Quelles alternatives nutritionnelles à la spiruline pour les femmes enceintes ?
- Témoignages et expériences de femmes enceintes
- Conclusion : Spiruline, une alliée conditionnelle de la grossesse