Dans la nuit du 10 au 11 octobre, à Saint-Pierre-d’Oléron, un petit garçon de sept mois a été mordu par un rat dans son lit. L’histoire, racontée par France 3 Nouvelle-Aquitaine le 16 octobre puis reprise ces derniers jours, a de quoi glacer n’importe quel parent. Elle pose aussi des questions très concrètes : que faire si un rongeur mord un bébé, quels signes surveiller ensuite, et comment éviter que la chambre d’un nourrisson devienne un lieu de passage pour les nuisibles.
Les points :
Ce qui s’est passé à Saint-Pierre-d’Oléron #
Selon France 3, ce sont les cris de Côme qui ont réveillé son père, puis sa mère. Le père raconte avoir découvert l’animal « posé sur le visage » de son fils. Le bébé présentait une dizaine de plaies, sur les mains, le visage et derrière l’oreille. Il a été conduit en urgence au centre hospitalier de Rochefort.
Le site Police & Réalités, qui a repris l’affaire le 19 octobre, précise que le père a réussi à chasser le rongeur, réfugié ensuite dans un placard. La famille, qui élève aussi deux fillettes de 20 mois et 3 ans et demi, décrit des jours d’angoisse.
Une maison voisine à l’abandon
D’après les proches, les rats viendraient d’une maison inoccupée depuis environ trois ans, deux habitations plus loin. La mère y décrit « un état de délabrement sanitaire absolu » et affirme que personne ne peut y intervenir, faute de propriétaire identifié. Cette origine reste, à ce stade, l’hypothèse de la famille : l’article de France 3 ne rapporte aucune réaction de la mairie.
En attendant, les parents ont fait traiter leur propre maison à leurs frais. Un traitement qui, selon eux, ne prendra pleinement effet qu’au bout de trois semaines.
Après une morsure : les premiers gestes #
Une morsure de rongeur n’est jamais anodine, encore moins chez un nourrisson dont la peau est fine et qui ne peut pas dire ce qu’il ressent. La fiche de prévention de Polleniz, organisme à vocation sanitaire, diffusée par l’ARS Pays de la Loire, rappelle la conduite à tenir face à une plaie exposée :
Laver abondamment à l’eau potable et au savon. Désinfecter avec un antiseptique. Protéger la plaie avec un pansement imperméable. Le même document insiste sur ce qu’il ne faut pas faire : rincer avec une eau non potable, même si elle paraît limpide.
Pour un bébé, ces gestes ne remplacent pas un avis médical. Il faut consulter sans attendre, aux urgences ou chez le médecin, en précisant qu’il s’agit d’une morsure de rat. À Oléron, Côme a reçu des antibiotiques et des antiseptiques, avec une surveillance des plaies pendant sept jours : gonflement, suintement, saignement anormal. Le médecin de Rochefort a par ailleurs rassuré la famille sur la rage, absente en France selon ses propos rapportés par France 3.
La leptospirose, le risque à connaître #
Le principal danger infectieux lié aux rats s’appelle la leptospirose. La bactérie est éliminée dans l’urine des rongeurs. D’après la fiche diffusée par l’ARS, elle peut pénétrer dans l’organisme par les plaies, les écorchures, les muqueuses (yeux, bouche, nez) et par l’intermédiaire de morsures.
La maladie se déclare après une incubation de 2 à 20 jours, selon le même document. Elle ressemble au départ à une grippe : apparition brutale d’une forte fièvre avec frissons, douleurs musculaires et articulaires, maux de tête, troubles digestifs, parfois une conjonctivite ou une éruption cutanée. Un traitement existe, et il est d’autant plus efficace qu’il est donné tôt.
Concrètement, pour un enfant mordu ou exposé, toute fièvre dans les semaines qui suivent doit conduire à reconsulter en rappelant l’épisode au médecin. France 3 indique que la leptospirose touche plus de 600 personnes par an en France.
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Protéger la chambre de bébé des rongeurs #
Les attaques de rats sur des enfants endormis restent rares, mais elles ne sont pas isolées : France 3 rappelle le cas d’un enfant mordu pendant son sommeil à Cannes en 2024, et celui d’un enfant de deux ans blessé au Havre en septembre 2025. Quelques réflexes limitent nettement le risque.
Ne rien laisser à manger
Un rongeur entre là où il trouve de la nourriture. Biberons entamés, restes de compote, miettes de biscuits sous le lit ou dans le parc : tout ce qui traîne dans la chambre attire. Les denrées gagnent à être rangées dans des boîtes fermées, et les poubelles, surtout celles des couches, doivent rester bien closes et vidées souvent. La fiche de l’ARS fait de la gestion des déchets un levier central contre la prolifération des rongeurs.
Repérer les signes de passage
Crottes le long des plinthes, emballages grignotés, bruits de grattement la nuit dans les cloisons ou les combles : ces indices justifient d’agir vite, avant que les animaux ne s’installent. Les petites ouvertures autour des tuyaux, sous les portes ou dans les murs de cave sont autant de passages à boucher.
Le lit de bébé, à l’écart
Un lit à barreaux surélevé, éloigné des murs et des meubles, sans tour de lit ni peluches accumulées, est plus sûr à tous points de vue. C’est aussi la recommandation habituelle pour le couchage des nourrissons : un matelas ferme et rien d’autre dans le lit.
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Quand le problème vient d’à côté #
L’affaire d’Oléron montre la limite des solutions individuelles : traiter sa maison ne suffit pas si un bâtiment voisin sert de refuge. Dans ce cas, les familles peuvent signaler la situation par écrit à la mairie, en joignant photos et dates, et alerter le propriétaire ou le bailleur quand il est identifié. Locataires, mieux vaut prévenir son propriétaire avant de faire intervenir une entreprise soi-même.
Pour Côme, la surveillance médicale se poursuit. Pour ses parents, la question reste entière tant que la maison à l’abandon n’est pas traitée. Une histoire qui rappelle que la sécurité d’un nourrisson se joue parfois bien au-delà des murs de sa chambre.




