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Post-partum : l’enquête Ifop de l’Ordre des sages-femmes pointe l’angle mort du suivi après la naissance

Bien suivies pendant la grossesse, beaucoup plus seules une fois rentrées à la maison avec bébé. C’est le constat que tire le Conseil national de l’Ordre des sages-femmes d’une enquête Ifop rendue publique le 20 octobre, sous le titre « Les Françaises et la périnatalité : il est temps d’agir ». Pour les futurs et jeunes parents, ses résultats éclairent ce qui fonctionne bien dans le parcours de naissance, et ce qui reste fragile.

Une enquête menée auprès de 2 000 femmes #

L’étude a été réalisée par questionnaire en ligne du 19 au 24 août 2026, auprès de 2 000 femmes âgées de 15 ans et plus. Elle reprend des indicateurs déjà mesurés en 2017 et en 2021, ce qui permet de suivre leur évolution dans le temps.

Premier enseignement, plutôt rassurant : la grossesse elle-même est bien encadrée. Selon l’Ordre, 92 % des femmes ayant déjà accouché estiment avoir été bien accompagnées par les professionnels de santé, et 91 % disent avoir bénéficié d’une prise en charge coordonnée tout au long de leur grossesse.

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Le post-partum, l’angle mort du parcours #

Le tableau change après la naissance. Trois mères sur dix (30 %) déclarent avoir rencontré au moins une difficulté majeure pendant la période du post-partum. Dans le détail, 25 % évoquent des difficultés psychologiques, comme le baby blues ou la dépression post-partum, et 16 % des problèmes concrets dans l’organisation du suivi.

Ces proportions n’ont pas bougé depuis 2021, souligne l’Ordre. Et elles grimpent nettement chez les plus jeunes mères : chez les 25-34 ans, le taux de difficulté atteint 49 %, soit près d’une femme sur deux. Pour Mathilde Tchounikine, cheffe de groupe à l’Ifop citée dans le communiqué, « le post-partum apparaît ainsi comme l’angle mort d’un modèle périnatal encore largement centré sur l’accouchement ».

Pourquoi ces semaines sont si délicates

Le retour à la maison concentre beaucoup de changements en peu de temps : fatigue, allaitement ou biberons à caler, cicatrisation, réorganisation du couple et parfois isolement. Les difficultés psychologiques ne se limitent pas à un « coup de blues » passager. Un baby blues qui s’installe au-delà de quelques jours, une tristesse persistante ou une anxiété envahissante méritent d’en parler à un professionnel, sans attendre la visite de contrôle.

Les sages-femmes, les médecins généralistes et la PMI peuvent assurer ce suivi. En cas de doute, appeler la maternité où l’on a accouché reste un bon réflexe pour être orientée.

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La proximité devient le premier critère pour choisir sa maternité #

L’enquête s’intéresse aussi à la manière dont les femmes choisissent leur lieu d’accouchement. Pour 66 % d’entre elles, la proximité du domicile est désormais déterminante, un chiffre en hausse de 4 points depuis 2021. En commune rurale, la proportion monte à 70 %, signe que les distances à parcourir pèsent de plus en plus dans les projets de naissance.

Les attentes évoluent également sur le lieu lui-même. Une large majorité, 78 %, juge important de pouvoir accoucher ailleurs qu’en maternité classique, en présence d’un professionnel de santé. Interrogées sur les options qu’elles pourraient envisager, 40 % des femmes citent la maternité publique, 34 % la maternité privée et 33 % un accouchement en maternité accompagné par la sage-femme libérale qui a suivi leur grossesse. Chez les femmes qui n’ont jamais accouché, cette dernière option atteint 39 %.

Le suivi gynécologique recule #

Autre signal relevé par l’enquête : 77 % des femmes ont eu un suivi gynécologique au cours des douze derniers mois, contre 84 % en 2021. Le médecin généraliste, qui assurait une bonne partie de ce suivi, recule à 61 % (13 points de moins), tandis que les sages-femmes progressent à 16 % (5 points de plus). Elles sont la seule profession dont le recours augmente.

Ce glissement ne surprend pas les professionnels de la périnatalité. Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales relayé par l’Ordre fin août décrivait déjà une dégradation de la santé périnatale, qualifiée de problème grave de santé publique.

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Ce que demande l’Ordre des sages-femmes #

À partir de ces résultats, l’Ordre formule plusieurs propositions. Il souhaite que la refonte du modèle périnatal soit inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, accompagnée d’une stratégie nationale fixant des standards de qualité, d’accessibilité et de sécurité déclinés dans chaque territoire.

Il demande aussi la création d’une consultation préconceptionnelle, pour préparer une grossesse avant même qu’elle commence, et la généralisation du programme Handigynéco, qui facilite l’accès aux soins gynécologiques et obstétricaux des femmes en situation de handicap. Sur le post-partum, l’Ordre plaide pour allonger le régime maternité, aujourd’hui limité selon lui à douze jours après l’accouchement.

Enfin, l’institution appelle à renforcer l’attractivité des métiers de la périnatalité et à repenser l’organisation des soins de premier recours, afin que les sages-femmes puissent jouer pleinement leur rôle.

Ce qu’on peut en retenir en tant que parents #

Ces chiffres rappellent une chose simple : le suivi ne s’arrête pas à la sortie de la maternité. Préparer l’après dès la grossesse aide beaucoup, en repérant à l’avance la sage-femme ou le médecin qui pourra passer ou recevoir dans les premières semaines, en notant les coordonnées de la PMI la plus proche et en parlant avec son entourage de l’aide concrète dont on aura besoin.

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Et si les premières semaines sont plus dures que prévu, on n’est pas seule : près d’une mère sur trois traverse au moins une difficulté majeure. En parler tôt, c’est se donner les moyens d’être accompagnée.

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